vendredi 14 mai 2010



LA PERVERSITÉ DE LA TRIBU JUIVE

Avant l'arrivée de Moïse, les enfants d'Israël étaient de simples esclaves. Aussi lorsque Moïse leur fit part de son plan de fuite, la tribu entière se rallia à lui pour fuir hors d'Égypte. Ils virent en Moïse le leader politique qui allait les libérer de l'oppression. Une grande partie des Israélites suivirent le mouvement par pure fidélité tribale, reléguant le motif de la foi au second plan. C'est pourquoi certains d'entre eux saisirent la première occasion pour revenir à leurs pratiques idolâtres, ce qui revenait à défier Moïse et équivalait à une sorte de résistance.

Dieu ordonna à Moïse de diviser les enfants d'Israël en douze tribus différentes:

Nous les répartîmes en douze tribus, en douze communautés. Et Nous révélâmes à Moïse, lorsque son peuple lui demanda de l'eau: "Frappe le rocher avec ton bâton." Et voilà que jaillirent douze sources. Chaque tribu eut son abreuvoir. (Coran, 7: 160)

Et rappelez-vous, lorsque vous dites: "Ô Moïse, nous ne te croirons qu'après avoir vu Dieu clairement!" Alors la foudre vous saisit tandis que vous regardiez. (Coran, 2: 55)

L'avidité et l'ingratitude caractérisaient les Israélites. Dieu ne leur avait-il pas procuré de la nourriture miraculeuse? La nourriture composée de manne et de cailles ne les satisfit pas, bien qu'il s'agît d'une faveur de Dieu:

Nous vous couvrîmes de l'ombre d'un nuage, et fîmes descendre sur vous la manne et les cailles: "Mangez des délices que Nous vous avons attribués!" Ce n'est pas à Nous qu'ils firent du tort, mais ils se firent du tort à eux-mêmes. (Coran, 2: 57)

Rappelez-vous quand vous dites: "Ô Moïse, nous ne pouvons plus tolérer une seule nourriture. Prie donc ton Seigneur pour qu'Il nous fasse sortir de la terre ce qu'elle fait pousser, de ses légumes, ses concombres, son ail, ses lentilles et ses oignons." Il vous répondit: "Voulez-vous échanger le meilleur pour le moins bon? Descendez donc à n'importe quelle ville; vous y trouverez certainement ce que vous demandez!"… (Coran, 2: 61)

N'est-ce pas là un signe clair de l'ingratitude des enfants d'Israël?

Le sacrifice de la vache

À travers un autre épisode, nous allons voir une fois de plus que la foi des Israélites était loin d'être sincère. Comme nous l'avons souligné plus tôt, il semblerait qu'ils aient suivi Moïse non pas pour plaire à Dieu, mais plutôt parce qu'il était un leader puissant et déterminé.

Ils n'hésitèrent pas ainsi à détourner délibérément la religion de Dieu pour l'adapter à leurs désirs et leurs pratiques anciennes. Ils altérèrent la nature simple et claire de la religion pour la rendre compliquée et difficile à pratiquer. Leur penchant pour le culte des idoles leur inspira de multiplier les rituels.

Le Coran nous apporte un exemple concret de leur habitude de compliquer inutilement la religion dans la sourate Baqara. Dieu ordonna aux enfants d'Israël de sacrifier une vache. Son commandement était simple et clair. Or les Israélites se concentrèrent sur des détails triviaux à propos de cette vache. Ils remirent même en cause l'injonction divine:

Et rappelez-vous lorsque Moïse dit à son peuple: "Certes Dieu vous ordonne d'immoler une vache."

Ils dirent: "Nous prends-tu en moquerie?"

"Que Dieu me garde d'être du nombre des ignorants", dit-il.

Ils dirent: "Demande pour nous à ton Seigneur qu'Il nous précise ce qu'elle doit être."

Il dit: "Certes Dieu dit que c'est bien une vache, ni vieille ni vierge, d'un âge moyen, entre les deux. Faites donc ce qu'on vous commande."

Ils dirent: "Demande donc pour nous à ton Seigneur qu'Il nous précise sa couleur."

Il dit: "Dieu dit que c'est une vache jaune, de couleur vive et plaisante à voir."

Ils dirent: "Demande pour nous à ton Seigneur qu'Il nous précise ce qu'elle est car pour nous les vaches se confondent. Mais nous y serions certainement bien guidés, si Dieu le veut."

Il dit: "Dieu dit que c'est bien une vache qui n'a pas été asservie à labourer la terre ni à arroser le champ, indemne d'infirmité et dont la couleur est unie."

Ils dirent: "Te voilà enfin, tu nous as apporté la vérité!" Ils l'immolèrent alors mais peu s'en fallut qu'ils ne l'eussent pas fait. (Coran, 2: 67-71)

Les Israélites renchérissaient à chaque nouveau commandement à tel point que l'ordre de Dieu devint pratiquement impossible à réaliser exécuter.

En s'intéressant au Judaïsme, on retrouve chez les Juifs ce même entêtement. Le Talmud, c'est-à-dire la source des enseignements juifs traditionnels, regorge de détails troublants ayant trait à la vie quotidienne et à la prière. Par exemple, qu'il soit question de traire un animal ou de brûler de l'encens, on trouvera dans le Talmud quantité de précisions qui ne semblent avoir aucun rapport avec la religion. Le Juif sera considéré d'autant plus pieux qu'il observera avec méticulosité les pratiques énumérées dans le Talmud. Cependant, l'essence de la piété ne réside-t-elle pas plutôt dans la foi en Dieu et dans le jour du Jugement? En instituant tout un ensemble de rituels triviaux, le Judaïsme s'est complètement éloigné du cœur de la religion comme le rappel et l'amour de Dieu.

La révolte des enfants d'Israël contre le commandement divin

Après leur départ d'Égypte, Dieu promit aux enfants d'Israël une terre. Dès lors, ils formulèrent des objections contre Moïse et ce jusqu'à ce qu'ils atteignissent la terre promise:

Souvenez-vous lorsque Moïse dit à son peuple: "Ô mon peuple! Rappelez-vous le bienfait d'Allah sur vous, lorsqu'Il a désigné parmi vous des prophètes. Et Il a fait de vous des rois. Et Il vous a donné ce qu'Il n'avait donné à nul autre aux mondes. Ô mon peuple! Entrez dans la terre sainte que Dieu vous a prescrite. Et ne revenez point sur vos pas en refusant de combattre car vous retourneriez perdants." Ils dirent: "Ô Moïse, il y a là un peuple de géants. Jamais nous n'y entrerons jusqu'à ce qu'ils en sortent. S'ils en sortent, alors nous y entrerons." (Coran, 5: 20-22)

Dieu n'abandonna pas les enfants d'Israël. Il les sauva une première fois de la tyrannie de Pharaon en les faisant sortir d'Égypte, puis une seconde fois en fendant les mers, et enfin Il leur accorda une terre. Il leur promit par ailleurs une victoire définitive s'ils se battaient contre les tyrans qui habitaient leur terre réservée. Les Israélites craintifs, à l'exception de deux d'entre eux, ne firent pas confiance à Dieu et Son messager:

Deux hommes d'entre eux qui craignaient Dieu et qui étaient comblés par Lui de bienfaits dirent: "Entrez chez eux par la porte; puis quand vous y serez entrés, vous serez sans doute les dominants. Et c'est en Dieu qu'il faut avoir confiance, si vous êtes croyants." (Coran, 5: 23)

Ils s'opposèrent à Moïse de manière irrespectueuse:

Ils dirent: "Moïse! Nous n'y entrerons jamais aussi longtemps qu'ils y seront. Va donc, toi et ton Seigneur et combattez tous deux. Nous restons là où nous sommes." (Coran, 5: 24)

L'insolence des Israélites atteignit de telles proportions qu'ils se mirent à remettre ouvertement en cause les paroles de leurs prophètes. Moïse se plaignit alors à Dieu, Lui demandant de les secourir lui et son frère Aaron de ce peuple irrespectueux:

Il (Moïse) dit: "Seigneur! Je n'ai de pouvoir, vraiment, que sur moi-même et sur mon frère: sépare-nous de ce peuple pervers." Il (Dieu) répondit: "Eh bien, ce pays leur sera interdit pendant quarante ans, durant lesquels ils erreront sur la terre. Ne te tourmente donc pas pour ce peuple pervers." (Coran, 5: 25-26)

Leur attitude à l'égard de Dieu et de Son messager leur valut donc d'être exclus de la terre promise pendant quarante ans.

Moïse consacra une grande partie de sa vie à communiquer le message de Dieu aux enfants d'Israël. Il batailla pour éradiquer le culte des idoles au profit de la vraie religion. Il souhaitait simplement les mettre en garde contre le feu de l'enfer. Afin de gagner la satisfaction de Dieu seul, il s'opposa à Pharaon et chercha à débarrasser le peuple égyptien de ses superstitions. En tant que noble serviteur, il endura patiemment les représailles cruelles de Pharaon. En fin de compte, notre Seigneur leva toutes les difficultés qu'il rencontra.

Dieu mit en garde l'humanité contre l'insolence similaire à celle manifestée par les enfants d'Israël:

Ô vous qui croyez! Ne soyez pas comme ceux qui ont offensé Moïse. Dieu l'a déclaré innocent de leurs accusations, car il était honorable auprès de Dieu. (Coran, 33: 69)



LE PROPHÈTE MOÏSE (PSL) ET LE SAGE

La sourate al-Kahf (la caverne) relate une autre histoire concernant Moïse qu'il est toutefois difficile de situer dans la vie de Moïse. On suppose néanmoins que l'épisode eut lieu après l'exode des Israélites hors d'Égypte. L'intérêt de cette histoire réside dans la symbolique des incidents relatés. Il s'agit en fait d'un dialogue entre Moïse et un sage. Moïse débuta son voyage avec un jeune compagnon:


Rappelle-toi quand Moïse dit à son valet: "Je n'arrêterai pas avant d'avoir atteint le confluent des deux mers, dussé-je marcher de longues années." Puis, lorsque tous deux eurent atteint le confluent, ils oublièrent leur poisson qui prit alors librement son chemin dans la mer. Puis, lorsque tous deux eurent dépassé cet endroit, il dit son valet: "Apporte-nous notre déjeuner: nous avons rencontré de la fatigue dans notre présent voyage." Le valet lui dit: "Quand nous avons pris refuge près du rocher, vois-tu, j'ai oublié le poisson - le Diable seul m'a fait oublier de (te) le rappeler - et il a curieusement pris son chemin dans la mer." Moïse dit: "Voilà ce que nous cherchions." Puis, ils retournèrent sur leurs pas, suivant leurs traces. (Coran, 18: 60-64)

Lorsque Moïse dit: "Apporte-nous notre déjeuner, nous avons rencontré de la fatigue dans notre présent voyage", on comprend qu'il ne prit son repas qu'au moment du repos alors que d'autres auraient pu prendre deux pauses: l'une pour se reposer, l'une pour se sustenter. Cette simple phrase de Moïse nous révèle qu'un Musulman doit gérer son temps sagement.

Plus loin dans la sourate, on lit que Moïse et son compagnon oublièrent leur nourriture à cause de Satan. Satan, en jouant sur l'oubli, empêche l'homme de s'engager dans la religion et de faire le bien. Son principal objectif est d'éloigner les hommes de Dieu. Afin de contrer les efforts de Satan, le croyant doit invoquer Dieu en toute occasion.

La sourate nous enseigne en troisième lieu que Moïse était sensible aux signes de Dieu. Dès qu'il oublia sa nourriture, il considéra qu'il s'agissait d'un signe et modifia en conséquence son trajet. Moïse avait constamment le souvenir de Dieu en lui; c'est pourquoi il avait également conscience du fait que Dieu est Celui qui organise la vie de Ses créatures. En homme sage, il savait tirer des conclusions justes des situations où il se trouvait.

Lorsque Moïse et son compagnon comprirent que leur oubli était un signe, ils rebroussèrent chemin. Plus tard, Moïse rencontra un homme dont le nom n'est pas mentionné dans le Coran. Dans les hadiths, on suppose qu'il s'agit de Khidr. On sait en outre que Dieu a accordé une grande sagesse à cet homme. Moïse voulut que l'homme lui enseignât sa sagesse; mais le sage lui répondit ouvertement que Moïse ne saurait être suffisamment patient.

Ils trouvèrent l'un de Nos serviteurs à qui Nous avions donné une grâce, de Notre part, et à qui Nous avions enseigné une science émanant de Nous.

Moïse lui dit: "Puis-je suivre, à la condition que tu m'apprennes de ce qu'on t'a appris concernant une bonne direction?"

L'autre dit: "Vraiment, tu ne pourras jamais être patient avec moi. Comment endurerais-tu sur des choses que tu n'embrasses pas par ta connaissance?"

Moïse lui dit: "Si Allah veut, tu me trouvera patient; et je ne désobéirai à aucun de tes ordres."

"Si tu me suis", dit l'autre, "ne m'interroge sur rien tant que je ne t'en aurai pas fait mention".

Alors les deux partirent. Et après qu'ils furent montés sur un bateau, l'homme y fit une brèche.

Moïse lui dit: "Est-ce pour noyer ses occupants que tu l'as ébréché? Tu as commis, certes, une chose monstrueuse!"

L'autre répondit: "N'ai-je pas dit que tu ne pourrais pas garder patience en ma compagnie?"

"Ne t'en prends pas à moi", dit Moïse "pour un oubli de ma part; et ne m'impose pas de grande difficulté dans mon affaire".

Puis ils partirent tous deux; et quand ils eurent rencontré un enfant, l'homme le tua.

Alors Moïse lui dit: "As-tu tué un être innocent, qui n'a tué personne? Tu as commis certes, une chose affreuse!"

L'autre lui dit: "Ne t'ai-je pas dit que tu ne pourrais pas garder patience en ma compagnie?"

"Si, après cela, je t'interroge sur quoi que ce soit", dit Moïse, "alors ne m'accompagne plus. Tu seras alors excusé de te séparer de moi".

Ils partirent donc tous deux; et quand ils furent arrivés à un village habité, ils demandèrent à manger à ses habitants; mais ceux-ci refusèrent de leur donner l'hospitalité. Ensuite, ils y trouvèrent un mur sur le point de s'écrouler. L'homme le redressa.

Alors Moïse lui dit: "Si tu voulais, tu aurais bien pu réclamer pour cela un salaire."

"Ceci marque la séparation entre toi et moi", dit l'homme, "je vais t'apprendre l'interprétation de ce que tu n'as pu supporter avec patience. Pour ce qui est du bateau, il appartenait à des pauvres gens qui travaillaient en mer. Je voulais donc le rendre défectueux, car il y avait derrière eux un roi qui saisissait de force tout bateau. Quant au garçon, ses père et mère étaient des croyants; nous avons craint qu'il ne leur imposât la rébellion et la mécréance. Nous avons donc voulu que leur Seigneur leur accordât en échange un autre plus pur et plus affectueux. Et quant au mur, il appartenait à deux garçons orphelins de la ville, et il y avait dessous un trésor à eux; et leur père était un homme vertueux. Ton Seigneur a donc voulu que tous deux atteignent leur maturité et qu'ils extraient, eux-mêmes leur trésor, par une miséricorde de ton Seigneur. Je ne l'ai d'ailleurs pas fait de mon propre chef. Voilà l'interprétation de ce que tu n'as pas pu endurer avec patience." (Coran, 18: 65-82)

Il faut retenir de ces versets que parfois ce qui paraît être un mal cache un bienfait de Dieu. Lorsqu'on ne possède pas la science adéquate, la destruction d'un bateau ou le meurtre d'un enfant peut s'assimiler à un crime. Derrière les agissements du compagnon de Moïse se trouve la sagesse de Dieu, même si en premier lieu elle n'est ni évidente ni compréhensible. Les événements relatés dans la sourate ne sont pas communs. Ils sont, en réalité, réservés à certaines nobles personnes choisies par Dieu.

Nous devons tous méditer sur le bien inhérent à tout ce qui nous arrive tous les jours. Nous ne devons pas nous apitoyer comme le fait la majorité des hommes: "Pourquoi toutes ces catastrophes?" Au contraire, si nous savons rester patients et que nous nous efforcions de comprendre sincèrement les desseins divins, Dieu nous permettra peut-être d'en saisir les sens cachés.

mardi 4 mai 2010

CONCLUSION

Vu le grand nombre de versets citant Moïse, nous pouvons dire que le Coran lui fait largement référence. Dès les tous premiers instants, sa vie regorge de leçons et de rappels pour les croyants.

Les quelques épisodes de sa vie traités dans cet ouvrage nous ont fait comprendre à quel point le destin régit la vie d'un homme et à quel point le destin d'un homme de foi peut être riche en bénédictions.

Voici les conclusions tirées de la vie Moïse en résumé:

1. Le destin et les desseins de Dieu

Avant même que Moïse ne naisse, sa prophétie et sa lutte dans la voie de Dieu étaient déjà décidées. Il en va de même pour nous autres. Nous vivons nos propres vies mais dans le cadre d'un certain destin. Dieu, notre Créateur et notre Seigneur, a préparé le meilleur destin qui soit pour nous. Son savoir et sa miséricorde n'ont pas de limites, c'est pourquoi nous devons nous soumettre à notre destinée et accepter tout ce qui nous arrive avec joie.

2. Défendre ce qui est juste

Moïse prit partie pour un homme de sa nation et en tua involontairement un autre. Or, il ne convient pas de défendre aveuglément les membres de sa famille, nation, tribu… La supériorité d'un homme ne se juge pas à travers sa famille ou sa tribu, mais par sa droiture. Nous devrions par conséquent constamment régler notre conduite en fonction de la justice que nous devons placer en tête de toutes les valeurs.

3.Avoir foi en Dieu

Dans l'histoire de Moïse, il est surtout question de la confiance en Dieu. Dieu prépara Moïse à la nécessité de placer sa confiance en Lui. Certes, Moïse paniqua ou perdit patience en certaines occasions, mais il n'en demeure qu'il savait que Dieu exerçait un contrôle absolu sur tout et qu'il devait avoir complètement foi en Lui. Moïse reconnaissait par ailleurs ses erreurs. Cependant, il n'omettait jamais de demander pardon et de réparer le tort qu'il avait pu commettre.

Avant de pouvoir placer sa confiance en Dieu, il faut d'abord Le connaître et L'apprécier. Le croyant parvient à s'en faire une idée grâce à Ses attributs: Dieu est le Créateur de toutes les vies; Il est Celui qui reprend les âmes; Son pouvoir est absolu; Il englobe tout; Il lui suffit de dire "soit" pour que cela soit; Il répond à toutes les prières et Il guide vers le droit chemin qui Il veut. Tous nos actes seront présentés à Dieu. Si nous pouvions saisir l'étendue du pouvoir de notre Créateur, nous comprendrions qu'il ne faut s'adresser qu'à Lui seul.

4.La nature temporaire de la vie ici-bas

L'exemple de Coré fait ressortir que les biens matériels ne servent à rien quand il s'agit d'affronter la mort. À moins de la dépenser dans la voie de Dieu, la richesse peut aggraver les tourments ici-bas et dans l'au-delà. Le confort matériel ne doit jamais susciter la jalousie car Dieu accorde davantage de bienfaits à qui Il veut. À quoi bon la prospérité si ce n'est pour la mettre au service de Dieu. D'autre part, la pauvreté n'est en aucun cas une source de misère pour celui qui se plie à la volonté de Dieu. C'est pourquoi il ne faut jamais regretter ou se vanter des biens dont on dispose dans ce monde-ci. Notre vie doit reposer sur la crainte de Dieu.

5. L'ignorance et la purification de soi

À plusieurs reprises, nous avons vu que les enfants d'Israël embrassèrent la religion apportée par Moïse, sans toutefois complètement abandonner leurs pratiques anciennes. Ils tentèrent même de fusionner leurs superstitions avec le message de Moïse. Nous devons particulièrement veiller à éviter ce genre d'égarement. Il se peut, en effet, qu'au cours du développement de notre personnalité, on nous inculque des idées qui ne conviennent pas. Par conséquent, même après avoir opté pour le droit chemin, ces idées peuvent refaire surface.

Les enfants d'Israël qui ne s'étaient pas complètement purifiés des pratiques ignorantes et qui avaient donc une foi faible furent tentés par l'idolâtrie des tribus qu'ils rencontrèrent au cours de leur exode. Seul l'attachement au Coran garantit l'élimination des croyances relevant de l'ignorance.

6. L'attitude des hypocrites

Les hypocrites tels que le Samaritain peuvent causer beaucoup de dommages au sein d'une communauté. En ce qui concerne le Samaritain plusieurs traits distinctifs ressortent.

Il appartenait à la tribu des enfants d'Israël. D'une manière générale, les hypocrites se mêlent à la société de croyants. Afin de semer le trouble, ils attendent que les croyants soient en position de faiblesse. Ils les séduisent avec de fausses promesses mais jamais ils n'expriment ouvertement leur absence de foi en Dieu. Au contraire, ils attirent l'intérêt des croyants par une prétendue piété. Les hypocrites prétendent même parfois mieux comprendre la religion que quiconque, et justifient ainsi leur volonté de guider les autres. Le Samaritain ainsi que les autres hypocrites ont un pouvoir d'influence tel qu'ils peuvent égarer une nation entière.

7. Les caractéristiques des enfants d'Israël

En plus de sa lutte contre Pharaon, Moïse dut également batailler au sein de son propre peuple. L'arrogance, le penchant pour l'idolâtrie et la rébellion caractérisaient les enfants d'Israël. C'est précisément à cause de leur manque de reconnaissance envers les prophètes, les révélations et les autres faveurs émanant de Dieu que les Israélites furent destitués de ces honneurs.

8. Le souci excessif des détails à propos de la vache

Les enfants d'Israël ont tendance à se soucier exagérément des détails. En dépit de la nature simple de la religion, certains individus la compliquent en y intégrant des détails inutiles. Il en résulte que les questions triviales prennent le dessus sur l'essence pure de la religion. Cependant, Dieu nous explique que la véritable religion est aussi simple que la religion d'Abraham. L'histoire relative au sacrifice de la vache met en lumière le fait que l'importance accordée à des détails inutiles ne crée que des problèmes et contribue à égarer les humains du chemin de Dieu.

9. La sagesse de Dieu

Les versets concernant la rencontre entre Moïse et le sage font ressortir que dans toute chose, il existe une sagesse, même si elle n'est pas immédiatement visible. C'est pourquoi derrière certains drames se trouve un quelconque bienfait que nous ne sommes pas capables de reconnaître. Seuls quelques êtres sont dotés de cette faculté par la grâce de Dieu.

En conclusion, la leçon essentielle à retenir se résume aux bons caractères de Moïse et d'Aaron.

Ils font tous deux partie des prophètes de l'Islam qui reçurent des Saintes Écritures.

Bien que le combat de Moïse remonte à plusieurs milliers d'années, sa conduite et son discours demeurent des exemples pour nous. Dieu le choisit pour faire de lui le porteur de Son message aux hommes. Ces nobles hommes sont ainsi décrits dans le Coran:

Et Nous perpétuâmes leur renom dans la postérité, "Paix sur Moïse et Aaron!" Ainsi récompensons-Nous les bienfaisants car ils étaient du nombre de Nos serviteurs croyants. (Coran, 37: 119-122)

Moïse et Aaron, ainsi que tous les autres messagers gagnèrent la satisfaction de Dieu. Puisse notre Seigneur nous accorder la sagesse afin de comprendre les vies de ces messagers et afin d'être de ceux qui Le satisfont.